Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 10:26
Razelbol ! comme disait Mercedes notre femme de ménage espagnole ! (celle de notre entreprise, pas la mienne, je n'ai pas les moyens).

Comment les maternités (je suppose que celle où ma fille a accouché n'est pas une exception) prennent les gens en otage...

C'était lundi 15 décembre 22h, ma fille a des contractions de plus en plus rapprochées, son mari n'étant pas là, je l'accompagne à la clinique... et là ça commence fort :

- ah mais vous auriez dû venir toute seule, en raison de la pandémie de grippe A, seuls les papas sont admis.
- mais il fallait bien que je l'amène en voiture, elle aurait fait comment ? à pied ? et puis toute seule c'est pas humain !!!! ...
- ah mais je ne vais pas pouvoir vous laisser entrer...
- ??? !!!! .... (je souffle mode méditation, en visualisant l'air pénétrer jusqu'à mon abdomen, je sens l'irritation me gagner grave.)
- bon d'accord ne restez pas dehors avec ce froid.

à l'intérieur ça continue :

- le papa n'est pas là ?
- il va arriver, voyez-vous le bébé n'était pas prévu aussi tôt, il est parti chercher le sac...
(moi de plus en plus irritée, je me souviens de la prière de mon ami Abdelmadjid "mon dieu si tu es autre chose qu'une hypothèse... ouvre cette porte" miracle la porte de la salle où ma fille passe son examen, s'ouvre "merci mon dieu")

- bon d'accord, entrez jusqu'à l'arrivée du papa.

le lendemain je passe voir ma fille :

- MADAME ! vous allez où comme ça ?
- je vais voir ma fille.
- ah mais c'est que ça va pas être possible !
- bien sûr que oui, j'ouvre cette porte et j'entre (le cerbère était devant la porte de la chambre de ma fille et elle se demandait si je serais capable de la prendre par un bras pour la pousser... j'avoue sans honte aucune, que l'idée m'a traversé l'esprit un court instant... je me suis remémoré les cours de taichi martial, je lance mon poing dans son nez et hop ! l'énergie commençait déjà à monter par les pieds, les palpitations de rage m'envahissaient... encore quelques secondes... son nez en sang... sa tête de con à l'envers... et puis j'ai renoncé... je me suis retenue au point de presque m'arracher un ongle).
- je suis désolée, je ne peux pas faire d'exception (je la regardais intensément avec l'envie de meurtre clairement exprimée par mon regard).
- vous savez quoi ? (tout à coup je reste sans voix, presque aphone je ne pouvais plus que parler à voix basse et rauque ...) votre établissement n'est pas une maternité, même pas une prison mais un goulag, vous ne faites même plus de la dictature mais du terrorisme avec votre pseudo pandémie. Ma fille voulait accoucher à la maison, si j'avais su ça je l'aurais accouché moi-même et nous n'aurions pas cette discussion.
- vous ne pouvez pas dire ça !!! ??? (très pale sur le point de s'évanouir, pauvre sage femme.)
- bien sûr que si ! je peux et d'ailleurs je le fais !
- la psychologue de la clinique est là, vous pourriez lui parler (vacillante, elle s'accrochait à la poignée de la porte).
- j'ai fini de parler, j'ai dit ce que j'avais à dire et si vous ne pouvez plus dormir tant pis pour vous (je me rends compte que la colère exprimée de façon très calme fait très peur).

Je suis passée pour une folle furieuse à la clinique, et pourtant il y avait des mamans qui criaient au scandale bien plus fort que moi, notamment des dames du bassin méditerranéen qui ont une certaine facilité à hausser le ton.

Je n'ai pas su réagir sur le moment, j'aurais dû dire aux mamans "mesdames forçons les portes, que voulez-vous qu'ils fassent contre nous ? appeler la police ?"

La chance qu'a eu cette pauvre sage-femme, c'est qu'elle ne m'a pas sorti le refrain habituel "c'est pas moi, c'est la loi, je ne fais qu'obéir" , je lui aurais répondu "oui en effet, sous l'occupation aussi les fonctionnaires obéissaient aux lois..." non elle a eu de la chance, elle a assumé sa position.

Ce qui me rend encore plus furieuse c'est que je sais que la pandémie grippale est un prétexte pour nous prendre en otage.

S'ils voulaient "vraiment" endiguer une pandémie de grippe, ils pourraient nous donner ou nous vendre, des tenues stériles, des masques, des sur-chaussures.... tout un équipement qui nous permettrait d'entrer voir notre progéniture.

Et comme ma fille me l'a dit hier, qu'ils ne viennent pas me parler d'hygiène quand tu vois que la femme de ménage vient nettoyer, alors que je suis en train d'allaiter et qu'elle n'enlève pas ma brosse à dents et le peigne du bébé avant de vaporiser son produit d'entretien.

En tout cas, je n'ai plus de doute : Dieu existe ! Tout d'abord il a ouvert la porte comme je le lui demandais, ensuite il a sauvé la vie à cette pauvre sage-femme....

Et puis un petit clin d'oeil à mon prof de taichi : José si tu as raison et que seule l'intention compte... imagine l'état de la sage-femme !







Par Paki - Publié dans : éditos - Communauté : Le champ du monde
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