Mais j'ai fait des progrès énormes : j'en ai pris mon parti. J'ai laissé tomber la polémique.
Je vous rappelle brièvement les faits : ma mère, 86 ans, tombe le 6 juin 2011 et se fait mal au dos. Après une visite aux urgences de la clinique du tonkin à Villeurbanne, on la renvoie à la maison parce que "elle est vraiment trop douillette, elle n'a rien. Ah ces vieux !!!". 3 jours plus tard elle ne peut plus se lever. j'appelle les pompiers qui la transportent aux urgences de l'hôpital Edouard Herriot. Après scanner, ils détectent une fracture des 2 vertèbres T11 et T12 . Un peu angoissés quand même, parce que cela aurait pu s'aggraver "grave", ils lui posent un corset pendant 3 mois puis l'envoient en maison de convalescence où on la soigne "très bien".
Aujourd'hui : ma mère (et moi aussi, et l'autre, et l'autre, et l'autre, aussi) pensait qu'elle sortirait hier de la maison de convalescence parce que "les vertèbres sont ressoudées et tout est rentré dans l'ordre". Sauf que, on lui fait un scanner de contrôle et on l'envoie à l'hôpital neurologique de Lyon pour commentaires... Là le neurochir lui dit qu'elle doit porter son corset 3 mois de plus parce que c'est "pas encore guéri". Il lui dit aussi en passant, c'est ma mère qui me l'a dit et je ne pense pas qu'elle l'ait inventé, qu'on aurait dû l'opérer mais vu son âge...
Ma mère me rapporte cette conversation et nous en sommes tous surpris, mais nous ne sommes pas médecins n'est ce pas ? comment aurions-nous pu deviner qu'il lui aurait fallu une intervention chirurgicale mais que vu son âge...
Je téléphone donc à la maison de convalescence et demande à parler au médecin qui la suit. Là le dialogue est carrément hallucinant.
- le doc "bonjour madame...(je mets des points de suspension pour montrer qu'il parle très lentement parce que d'habitude il a affaire à des vieux qui pigent que dalle) vous vouliez me parler... ?"
- moi "oui bonjour (j'ai du mal à dire docteur alors je dis rien) je voulais savoir où en est ma mère parce qu'il semblerait que ses fractures ne sont pas tout à fait guéries et qu'il lui aurait fallu une intervention chirugicale"
- lui "qui... vous a dit ...ça ?"
- moi "ma mère, c'est le neuro chirugien qui lui a dit"
- lui "ah ! libre à lui... de dire ...ce qu'il veut !!! mais moi ... je dis qu'il... lui faut ... porter son corset... pendant 3 mois encore"
- moi "mais il n'aurait pas fallu une intervention chirurgicale ?"
- lui "écoutez-moi... madame, je ne veux pas ...vous paraître... agressif (il dit tout ça avec une extrême douceur, je ne risque pas de le trouver agressif) mais... je vous demande... de m'écouter" (là évidemment, demandé aussi gentiment, j'obtempère). Il continue "votre maman ... a passé un scanner... et il en ressort... qu'il n'y a... pas d'aggravation (moi je dis rien, j'écoute attentivement mais ???) alors... je pense ...qu'elle doit porter ...son corset... 3 mois de plus... pour commencer (moi toujours ???) alors... je ne sais pas... ce que le neurochirurgien ...lui a dit... libre à lui ...de dire... ce qu'il veut ... et ça n'engage ...que lui (moi toujours ???), bien entendu... nous travaillons ...en équipe ...et nous tenons compte ...des avis... les uns ....des autres... (tout à coup il réalise qu'il parle depuis un bon moment et que je ne l'ai pas interrompu) allo ?
- moi "je vous écoute, docteur (cette fois je lui donne du docteur) comme vous me l'avez demandé, très attentivement."
- lui "oui... alors... comme je disais.... votre maman.... doit porter... son corset... 3 mois de plus ...parce que... ça ne s'est pas aggravé... la moelle épinière ...est légèrement irritée... mais ...pas plus ...qu'au début.
- moi "il n'y a donc aucun changement ?"
- lui "non... comme... je vous le disais ...il n'y a pas... d'aggravation"
- moi "et vous ne pensez pas, docteur (je lui redonne du docteur, après tout c'est lui qui sait) qu'au lieu d'éviter l'aggravation nous devrions plutôt chercher la réparation ?'
- lui "... (moment de silence) je vous conseille de prendre rendez-vous avec le neurochirurgien"
- moi "merci, docteur, je ferai comme vous me le conseillez"
Menfin ! y a pô d'aggravation ! y a pô d'aggravation !!! tès chiante aussi comme fille (ça c'est ce que je me suis dit après).
Et puis, je me suis mise à penser à tout ça et je me demande s'il n'y a pas comme un manque de motivation chez les médecins. Parce que quand même il y a bien eu une envie de sauver le monde pour certains, non ? Pas pour tous, mais au moins quelques uns, non ? Rassurez-moi, y pas que le fric, la position sociale et le titre qui les intéresse, non ?
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Alors samedi soir avec des amis
nous sommes allés au cinéma voir le dernier Almodovar : la piel que habito.
obaye humain, de rat de laboratoire si vous
préférez.
Evidemment nous nous sommes
retenus de crier, de nous plaindre, de faire un scandale... Je sais bien qu'une souris a les papattes pas très propres et qu'elle marche partout... Je sais bien qu'une souris laisse des crottes
partout et peut-être même sur mon carpaccio que j'avais déjà mangé de toutes façons... Bref ! le premier moment de stupeur passé nous avons décidé d'épargner la vie de cette charmante bestiole et
de ne rien dire.



