Mercredi 29 octobre 2008
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Le 29 octobre 1763
Le marquis de Sade est incarcéré au donjon de Vincennes sur ordre du roi.
Donatien-Alphonse-François de Sade naît à Paris le 2 juin 1740 et meurt le 2 décembre 1814 à l'asile de fous de Charenton où il a été interné arbitrairement sans autre forme de procès, par décision
administrative.
Condamné pour "débauches outrées" à diverses reprises, Sade passera au total 30 années, sur les 74 de sa vie, en prison, sans
jamais avoir commis un autre crime que celui d'écrire une oeuvre subversive, érotique et pornographique (aujourd'hui des parents torturent leurs enfants sans rien en écrire et écopent seulement
de quelques années de prison... je me demande où est la justice.)
Cela se passe sous les régimes monarchie, république et empire (comme quoi, à cette époque et quel que soit le gouvernement en
place, il est interdit d'écrire certaines choses.)
Ses écrits traumatisent tout le monde, à tel point que ses descendants refuseront de porter le titre de
marquis...
Il faudra attendre le milieu du 20è siècle pour que son oeuvre soit, enfin, réhabilitée.
Lorsqu'en classe de littérature du 18è siècle, notre professeur nous fait étudier les oeuvres de Voltaire, Rousseau... elle nous parle du fameux marquis de
Sade, nous disant qu'elle n'avait pas le droit de nous en parler et que... si nous voulions lire un de ses écrits, par exemple "Justine ou les malheurs de la vertu", elle "déclinait toute
responsabilité" quant à nos choix littéraires...
J'ai pris cette remarque (et je ne suis pas la seule dans la classe) pour une invitation, étant donné le ton ironique avec lequel
elle nous dit ça. Je me suis donc précipitée dans une librairie où j'ai acheté le fameux "roman infâme".
Je peux vous dire que Sade raconte les malheurs de la pauvre Justine avec une légèreté de ton, qui permet de lire les pires
tortures sans que cela nous affecte émotionnellement. Cette "oie blanche" pousse la connerie jusqu'au bout, jusqu'à la mort dirais-je et tout en lisant (pardonnez-moi j'avais 18 ans) je me disais
que si j'avais été près d'elle, je l'aurais moi-même frappée pour la réveiller...
Il faut prendre du recul, et lire autrement pour se rendre compte que le marquis de Sade use d'une liberté d'écriture et d'une
audace jamais atteinte dans le reste de la littérature classique. C'est vrai qu'il pousse le fantasme à l'extrême et que son érotisme est celui de la violence et de la cruauté, mais le style
énergique et puissant, la beauté de la langue, font que cette oeuvre mérite d'être connue (par un public averti et majeur bien sûr).
Il a certainement des excuses et je ne vais citer qu'une phrase où il parle de son oncle, abbé, qui l'a "éduqué" de 4 à 10 ans
:
« tout prêtre qu’il est, il a toujours un couple de gueuses chez lui… Est-ce un sérail que son
château ? Non, c’est mieux, c’est un bordel »